Début et fin de Michael Jackson : le parfait symbole d’une génération ?

Maintenant que le soufflet MJ est retombé et que les journaux s’échinent sur le glauque de son entourage, ma réaction de rejet et de ras-le-bol face à tout le tintouin qui a suivi sa mort s’estompe. Et finalement, je trouve que Jackson est un symbole quasi parfait de tout ce que j’ai traversé depuis ma pré-adolescence.

Sans entrer dans de la psy de comptoir (mais bon quand même un peu), en y regardant bien et froidement, toute la vie du bonhomme n’a finalement été qu’un exemple grossi collant à la perfection à son moment. A ce niveau là, on peut vraiment considérer qu’il était un symbole.

J’ai toujours cultivé le paradoxe par rapport à Jackson.  A l’époque de ses grands hits, j’étais déjà sur une autre planète musicale, mais étais forcément etonné par les clips, et ses albums des années 80 sont quoiqu’il arrive dans la bande son de mon adolescence (bon, cela dit, y’a Jackie Quartz et Kajagoogoo aussi… merci les radios « libres » – de matraquer n’importe quoi).

Bande-son mise à part, pour tout le reste, il a parfaitement collé à chaque fois à son époque

  • Années 80 :  il donne ses lettres de noblesse au clip et faisant de ma génération la génération MTV, élevée au clip et au format 3 minutes impossible à éviter, la dernière à acheter des albums entiers et découvrant autre chose que des suites de singles formatés à la pérennité de kleenex déjà recyclés. Il est le King Of Pop tout puissant, richissime, aux délires sans limites et fait rêver dans les chaumières du monde entier. Un symbole fort des années fric et flambe.
  • Années 90 : les années scalpels. Faut rentrer dans le moule, se « déghetto-iser ». C’est aussi le temps des crises et des conflits. MJ se transforme en espèce de mutant inquiétant, enfermé dans ses rêves nostalgiques d’une époque plus légère et plus simple.
  • Années 2000 : faut solder les comptes, le grand déballage commence, on est dans les années internet, qui sera un des meilleurs supports pour étaler toutes les thèses possibles sur les affaires qui entourent le personnage. Là encore, c’est symptomatique de ce qui suivra : un bruit énorme, des flux de textes, d’images, de vidéos dans tous les sens, et à la fin, un sentiment confus de désordre et de ne pas savoir gand chose, avec les médias « traditionnels » qui peinent à suivre et tentent désespérément de faire de la récup plus ou moins masquée. Tout dans l’instant, pas de recul. Faut y être et point.
  • 2009 : il avait lancé la génération MTV, il adoube la génération Twitter. Car ce que je retiendrais de la mort de Jackson, c’est qu’elle a permis  la consécration de l’instant et a cristallisé l’enterrement des tous les médias : la TV aux fraises, le print qui cavale désespérément derrière alors que leur salut est ailleurs, la radio au milieu du champs de mine et les sites médias qui se réveillent avec la gueule de bois en acceptant (?) de force l’idée de servir et de se servir des flux, dans un milieu totalement ouvert. Pas facile.

Et maintenant quelle icône pour la prochaine décennnie ? Moi je verrais bien Sasha Baron Cohen.

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