L’aventure Froogle se termine en « Product search » (avant l’eau de boudin ?)

Vu il y a quelques jours dans une indifférence quasi générale (TechCrunch et quelques spécialistes en ont rapidement parlé) : Google a sorti la marque Froogle pour la remplacer par un « Product search ». Bon, à part le changement de nom, quoi de neuf donc ? Pas grand chose à vrai dire… On a l’impression que Google tourne toujours autour de la solution, preuve que le climat économique et technique n’est pas au beau fixe pour les shopping engines.

Pour ma part, je ne démords pas de ce que j’évoquais dans mon précédent billet sur le sujet : la recherche de produits et la comparaison de prix (si on peut appeler cela comme tel dans le cas présent, tant les résultats sont un galimatia assez incompréhensible) ne sont qu’un prétexte à la mise en place et à l’incitation « forte » d’utiliser le service Checkout, concurrent sérieux de Paypal car beaucoup mieux pensé à mon sens. Bref, l’idée est plus de faire du commerce en ligne qu’un shopping engine stricto sensu : inciter les revendeurs en ligne et physique à uploader leurs bases de données produits dans Google Base et les pousser à utiliser Checkout comme solution de paiement. Et au passage leur fourguer la solution analytics, les liens sponsorisés pour ceux qui ont service de vente en ligne, et cerise sur le gâteau depuis le rachat de Doubleclick, la possibilité de gérer leur inventaire d’impression de pages s’ils le souhaitent. Un anneau pour les lier tous, comme dirait quelqu’un que je connais bien.

Pour ce qui est du service lui-même, c’est du Google : interface dépouillée au maximum, affichage des résultats un peu en vrac. On a le sentiment qu’il faut déjà avoir une idée de que l’on cherche, sinon, bon courage. Bref, on est plus au grand bazar que dans un magasin aux rayons bien alignés avec des personnes pouvant vous conseiller… A noter les options d’affinage de recherches reléguées en bas de page restent des plus basiques : par prix, par marque, par magasins et par ranking des magasins. Rien de nouveau à l’horizon, la plupart des comparateurs font cela depuis des lustres… preuve à mon sens que Google a définitivement abandonné l’idée de travailler sur les attributs des produits pour offrir des fonctions de tri pertinentes : trop de galères dans la gestion des bases et cela évite également de se prendre la tête sur une base de données de produits de référence qui reste à jour et donc les spécifications doivent être tirées au cordeau. Même la moulinette permettant d’agréger les notes données par les sites ayant testé un produit à l’air en vrac… pas top. Au final, on sent bien que Google tente de développer une solution de commerce en ligne et non pas un un comparateur de prix. D’où le changement de nom.

En 2006, c’était pas la joie pour les shopping engines, 2007 ne sera pas mieux. Ils sont passés au travers de la hype 2.0 (pour leur bien je pense), à quelques exceptions près, rien de neuf. On entend parler ici et là de solution graphiquement innovantes ou de recherche sur l’ergonomie (style thefind.com), Yahoo! ne bouge plus des masses non plus sur le sujet (leur service ne bouge plus, en UK on tourne toujours autour de l’intégration de Kelkoo, un interstitiel proposant le choix entre le Kelkoo UK ou yahoo.shopping.com, tout un symbole…), même tech.yahoo.com qui avait fait grand bruit à l’époque est totalement silencieux. Les investissements ne vont pas sur ces projets, ce qui se comprend étant donné comment ce marché s’articule : beaucoup d’obstacles techniques, beaucoup de ressources, des CPC ras de plancher en France qui obligent à générer des volumes de clics monstrueux pour se récupérer. On brandit bien le coup du CPA (cost per action) comme modèle de rémunération pour inventer une nouvelle histoire à raconter, mais personne ne souhaite vraiment y aller étant donné l’état des lieux…

C’est dommage, il y a des gens qui ont une bonne vision de ce type de problématique avec des vraies bonnes idées et des solutions technologiques qui paraissent tenir la route. Problème, ils n’ont pas l’infrastructure pour lancer des sites en propre et ne connaissent pas l’autre nerf de la guerre : générer de l’audience sur ce type de service pour la transformer en clics rémunérateurs. L’ingratitude suprême dans cet ecosystème, c’est que ce n’est pas le service le plus innovant technologiquement ou ergonomiquement parlant qui rafle la mise, c’est celui qui réussit à choper les flux d’audience et maîtrise sur le bout des doigts le SEO et le SEM. Tant qu’on en sera là, il n’y aura malheureusement pas grand-chose à voir.

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4 réflexions sur “L’aventure Froogle se termine en « Product search » (avant l’eau de boudin ?)

  1. Pour ce qui est du service aux revendeurs en ligne, il y a une nouvelle de taille cette semaine : Google proposera une plateforme de CRM

    http://www.zdnet.fr/entreprise/commercial-marketing/forces-vente/0,50007168,39368808,00.htm

    Avec les outils d’édition de documents, et une probable solution de gestion de stocks, (liées bien sûr au système de commandes online) et toute une suite de progiciels en-ligne adaptée aux besoin des pme-pmi, les éditeurs de soft vont bientôt avoir beaucoup de soucis.

    Les économies pour une pme qui utiliserait exclusivement des solutions déportées (toutes intégrées en un seul back-office) plutôt qu’un parc avec renouvellement des licences et galères de procédures de sécurité et de compatibilité, seront substancielles.

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