User content et folksonomy : les limites du genre et retour des vieilles questions 1.0

Soulevé par mes collègues de News.fr dans l’édition d’aujourd’hui, la problématique de la gestion et de l’animation des contenus produits par les utilisateurs et leur organisation (« Folksonomie« ). Ils soulèvent dans cet article une tentative de détournement de contenu via les tags (mots-clés) sur Dailymotion.com – qui vient d’ailleurs de lever 7 millions d’euros.

En substance, si l’on s’amusait à taper dans le moteur de recherche de Dailymotion les requêtes « jamel » ou « dubosc », on avait bien le droit à des extraits de sketchs des artistes, mais plus surprenant, on tombait aussi sur les prestations télévisuelles de Jean-Marie Le Pen et de ses petits camarades du FN. Cela dit, niveau thématique, on est toujours dans le comique… bref une sorte de Dailymotion « bombing » ou de spam politique grossier mais finalement plutôt marrants.

Cela soulève tout de même des points plus cruciaux que les tenants du 100 % user content avaient certainement vu venir, mais peut-être pas aussi vite. Donner la possibilité aux utilisateurs de prendre la main sur du contenu, produit par eux-même ou non, demande quoiqu’il arrive, au minimum une surveillance, dans le pire des cas une modération et de l’animation. Finalement, on se retrouve à la case départ du 1.0 avec les bons vieux casse-tête connus sur Usenet, forcé de produire une netiquette et également sur les forums qui ne peuvent fonctionner sans modérateurs, faisant à la fois office de gardiens de la charte et d’animateurs de communautés. Cela me rappelle de bien bon souvenirs, du temps ou j’avais la responsabilité des forums de ZDNet.fr sur lesquels nous passions un temps infernal à retirer des posts entiers de numéros de série déverouillant les logiciels payant dans la partie gravure… Good old days. Les technologies évoluent, les problèmes restent : les communautés, c’est bien, le contenu utilisateur c’est top, mais cela implique, comme pour les shopping engines, des mimines et des neurones pour surveiller, modérer, animer les utilisateurs et leurs contenus.

J’avais d’ailleurs repéré un éventuel début de modération des mots-clés sur Del.icio.us il y a quelques temps, mais qui semble avoir disparu. En effet, je m’étais aperçu que les nouveaux tags que j’ajoutais dans le système était bien disponibles sous le lien que je venais de bookmarker, mais n’apparaissaient pas tout de suite dans mon nuage de tags. Tentative de modèration à posteriori de manière plus ou moins automatisée ? A surveiller. Dans le genre 1.0 pas fun du tout, nous le faisions aussi sur les forums de ZDNet.fr (virer automatiquement tous les posts contenant des insultes, genre « if connard, then delete »).

Bref, qu’il soit produit par des journalistes ou non, si l’on veut du contenu de qualité et à valeur ajoutée, c’est incontournable : il faut s’en occuper. Et il faut des gens pour cela.

Mauvaise journée pour les services d’hébergement de vidéos en ligne d’ailleurs : à lire sur Ecosphere, Emmanuel Parody y souligne que le couvercle de la marmite du (non ?) modèle économique du 2.0 commence à être soulevée (très marrant, par ses propres créateurs). Et ça ne sent pas très bon…

Allez à quand la polémique sur les droits de diffusion des vidéos de tel ou tel artiste ou évènement sportif, chopé sur la télé et diffusé gratuitement sur ces services d’hébergement et de diffusion gratuits ? Cela risque d’être assez houleux…

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