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Pub ciblée sur Facebook : en France on peut dormir tranquille

23 nov

Pour rebondir sur mon billet précédent à propos du fait que le réseau social Facebook comptait utiliser les infos personnelles de ses utilisateurs pour commercialiser de la pub ciblée, qu’il faut bien s’occuper durant les insomnies et que justement, Facebook me colle une grosse retape pour me vendre de la pub, je me suis livré à l’exercice. Moralité de l’histoire : si Facebook a une conception élastique de la morale justement, en France, on peut être tranquille (à moins d’avoir du mal à trouver une moitié et d’être éjaculateur précoce, les pubs qui tournent actuellement le plus sur ce réseau) : avant que cela intéresse quelqu’un dans l’hexagone, il va se passer un peu de temps. Démonstration.

Etape 1 : la retape. Une image valant mieux qu’un grand discours, je vois sur ma page d’accueil ce message de service hautement subliminal :

facebookpub-retape.jpg

Etape 2 : comme je suis d’un naturel curieux, et ben je clique. Et décide de me mettre dans la peau d’un petit malin planqué dans un arrondissement de l’est parisien qui aurait des iPhone à refourguer – desimlockés de préférence, si si, ça s’est déjà vu. Je sélectionne donc les tranches d’âge qui m’intéresse, les mots-clés (en anglais, ça commence moyen) qui vont bien (tiens ? Pas de mot-clé iPhone ? Bon…), je tape super large sur les sociotypes : mariés, divorcés, concubins (non, pas les zoophiles, cherchez pas, y’a pas). Bon, il y a quand même Apple. De droite, de gauche, au “miieu”… je prends tout je vous dis, je suis un gars tolérant. Et bien, sans rire, en France, je peux adresser (environ, hein) 80 personnes (cliquer pour agrandir) :

facebookpub-noworries.jpg

Ultra-ciblée, la pub, qu’on vous dit… Waouuuuuu

MAJ du 23/11 : si malgré tout vous en avez marre d’être ciblé célibataire et/ou éjaculateur précoce, vous trouverez ici un mode d’emploi pour vous désactiver de Facebook. Et de poser la question qui fait tousser : pourquoi “désactiver” et non pas “supprimer” ? Que deviennent les données ensuite ?

Et aussi les raisons de son auteur à quitter le service. Je ne les partage pas toutes, mais le raisonnement se tient. A quand un groupe Facebook de ceux qui vont quitter Facebook (à moins que ça n’existe déjà ?). Oui, je sais, j’adore Brazil…

Facebook et la pub : on abat les cartes

10 nov

Vu sur Lemonde.fr cet article “Le site Facebook vent le profil de ses internautes aux publicitaires“. Et bien on y arrive donc. Forcément. Comment valoriser une audience autrement lorsqu’elle n’a aucune affinité avec la marque ? Quand la seule force d’un site sont ses utilisateurs eux-mêmes. Et que ces utilisateurs y livrent, beauté ultime de la chose, via des applications développées ex-nihilo, leur vie quotidienne, leurs endroits préférés, leurs vacances, leurs soirées, leur orientations politiques, leur films et musiques préférés et j’en passe. Ben oui, on promet le rêve ultime de tout publicitaire ou acheteur d’espace : le ciblage ultra précis.

Et quoi de mieux pour cibler que des plate-formes communautaires dans laquelle les internautes laissent une myriade d’infos personnelles, persuadés que le système est basé sur la confidentialité et la confiance ? Problème en l’espèce : Facebook est un site US. Et la législation sur les données personnelles chez l’Oncle Sam est beaucoup moins contraignante que chez les bouffeurs de grenouilles. Dommage pour ceux qui ne s’intéressent pas encore à la question de la gestion de leur identité numérique, Facebook ne fera certainement pas d’exception pour quelques centaines de milliers d’inscrits.

Bref, l’utilisateur devient le moyen et la cible. Le média et le consommateur. On boucle la boucle. Google avait engagé le processus avec ses liens sponsorisés dans Gmail : les liens publicitaires sont contextualisés en fonction du contenu de l’e-mail. Mais n’est pas Google qui veut (et ça me fait un peu mal de le dire, mais il faut bien l’avouer) : l’expertise Google dans le domaine fait en sorte que les liens soient souvent pertinents, ou au pire non dérangeants. Bref, on est déjà habitué à l’intrusivité. Facebook ne fait qu’enfoncer le clou. La preuve ? Je ne vais pas me désinscrire du service. Juste continuer à maitriser attentivement ce que j’y fais : ne communiquer que ce que je veux rendre public ou semi-public.

En revanche, je ne vois toujours pas comment on peut valoriser Facebook à ce point. Ah au fait, tout le monde se rappelle bien que Microsoft a un pied chez Facebook. Tout le monde est serein là ?

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