"On est des hommes"

21 juin

Tout le fatras autour de l’Equipe de France me fait osciller, comme tout le monde, entre le rire, la colère, le dégoût. Je n’aime pas le foot. Jamais. Même gosse, taper dans un ballon m’a toujours gonflé. Pas le sens du jeu ni de la balle. C’est comme ça. In fine, ce n’est pas le sport en lui-même qui me gêne, c’est tout ce qu’il y a autour, mal vécu, pas assumé. J’adore d’autres sports-frics, comme la F1, le foot américain, le tennis. Mais le foot, ça ne passe pas.

Mais on s’en fout de tout ça. Au milieu de tout ce bordel, des insultes proférées ou pas, des millions distribués, du manque d’envie et tout le tralala, il y a un point qui m’a interloqué durant la conférence de presse de Raymond et Evra. La phrase : "on est des hommes". Répétée par Evra je ne sais combien de fois, comme une excuse et une justification en soi de tout ce gâchis. Et je ne sais toujours pas dans quel sens on doit la prendre, en fait, cette phrase passe-partout.

  • Option 1 : on est des hommes, virils, poilus, plein de foutre et d’hormones, alors quand on nous fait chier, ça pète.
  • Option 2 on est "que" des hommes, faillibles, imparfaits, etc.

Si c’est l’option 1, les hommes, ce serait pas mal qu’ils gardent leur foutre et leurs hormones jusque sur le terrain, parce que ces derniers temps, on a plutôt vu l’inverse.

Si c’est l’option 2 : c’est la preuve d’une faillite totale d’un système de formation, voire d’une dérive sociétale grave.

Le sport, une quadrature du cercle.

le sport quel qu’il soit, est par nature un paradoxe. Une équation quasi impossible à résoudre. L’agressivité et la combattivité en font partie intégrante, en sont quasiment le moteur. Du tir à l’arc au curling, de la boxe au rugby en passant par le golf, on peut retourner le truc dans tous les sens, au pire moment de la compétition, un compétiteur doit faire appel à son agressivité primaire pour se sublimer. A ce moment, celui qui vous certifie que pas une seule fois lui est passé dans la tête : "je vais le tuer" en pensant à son adversaire est un menteur éhonté.

Le paradoxe est là : on doit être capable d’une agressivité sans limite pour gagner et dès que tout est terminé, revenir à la normal, être civilisé, serrer la main de son adversaire et gagner ou perdre, mais la tête haute. C’est l’essence même du sport : sublimer son agressivité pour mieux la contrôler.

J’ai fait de l’aviron pendant quelques années. Pas à haut niveau, je me suis arrêté aux championnats de France. Mais j’ai suffisamment de courses dans les pattes, avec son lot de déceptions, de joies, de frustrations, de pleurs et de colères pour savoir ce qu’on peut ressentir à l’issue d’une compétition.

L’aviron est exigeant, c’est une école de la douleur, si vous pensez qu’il s’agit juste de faire des ronds dans l’eau, je vous laisse apprécier l’effort et l’abnégation que cela implique en visionnant la vidéo ci-dessous :

Mais plus que le côté douleur, on y apprend aussi quelques fondamentaux, qui restent pour la plupart à vie. Une base et un repère. Que je peux encore vérifier 20 ans après. Les principaux :

  • mis à par le skiff où le rameur est seul, on est 2, 4 ou 8 dans un bateau. Et la star, l’objet de toutes les attentions, c’est l’équipe, l’autre ou les autres gars.  C’est con à dire, mais si vous plantez un entraînement, pas de joker. Le bateau reste à terre.
  • au début d’une saison, on se retrouve dans la même galère, avec des gens que l’on a pas choisi. Et le principe, c’est d’arriver à ne faire qu’un, quelle que soient les circonstance, les mecs, l’entraineur, etc.
  • c’est la tête qui commande le corps. On peut être le plus gros bûcheron de la terre et afficher un physique hors-norme, s’il n’y a ni technique, ni mental, on se fera écrabouiller par moins fort sur le papier.

Respecter, tu ne devras pas oublier

Mais plus que tout le reste, ce qui cimente le tout, c’est le respect et l’estime de soi et des autres. Sans ça, tout le système s’effondre. S’il y a bien une chose que j’ai retenue de toutes ces années, c’est le fondement premier : respecter tes équipiers, tes adversaires, ton entraîneur.

Pas parce que c’est joli ou poli. Mais parce que ça te permet de rappeler le pourquoi tu es là, à en chier comme un russe, souffrir, refuser les soirées, et, éventuellement, gagner un peu/beaucoup d’argent.

Respecter ton adversaire, simplement parce que s’il n’était pas là à s’opposer à toi, tu ne serais pas capable de te dépasser toi-même. Le goal dans sa cage qui prend le risque de se prendre un ballon dans la gueule, le défenseur qui risque de se péter la cheville pour que tu ne passes pas. S’ils n’offraient pas leur résistance, tu ne serais qu’un connard bien seul sur la pelouse, un pauvre pelé seul dans un bateau sur l’eau. La contradiction est là : la communion dans l’opposition, autour d’une passion commune.

Respecter ton entraîneur, même s’il se trompe, l’arbitre, pour les même raisons, ton matos. Parce que sans tout ça, ce pour quoi tu es là et fonctionne se casse la gueule comme un château de cartes.

Au final, on aboutit idéalement à ça :

"On est des hommes"

Tout cela, l’équipe de France de Foot l’a oublié, collectivement. Et c’est pour cela qu’ils sont en train de sombrer, individuellement. Dans une grande mascarade pathétique, devant les caméras du monde entier. Entraînant un pays entier dans la colère et la frustration.

Parce que s’ils étaient des hommes, comme ils disent, ils seraient conscients que porter le maillot d’une équipe nationale est une charge qui implique de n’utiliser son ego que sur le terrain, et à bon escient. Que des milliers de gosses rêvent d’être à leur place, et que des milliers d’entraîneurs anonymes vont redouter la saison prochaine de se prendre dans les gencives "va te faire enc…" par un gosse de 12 ans parce que si eux le font, il n’y a pas de raisons, il peut aussi. Ou au mieux, il arrêtera le foot, ecoeuré de cette ambiance de merde.

Parce que s’ils étaient des hommes, ils auraient déjà compris et utilisé la contradiction qu’impose la pratique de leur sport pour contrôler leur colère.

Parce que s’ils étaient des hommes, ils se seraient battus sur le terrain et non dans le vestiaire. Qu’ils perdent ou qu’ils gagnent, mais en ayant fait leur maximum.

Au lieu de ça, on voit 23 ados de 30 balais faire leur danseuse, s’obstiner à adopter toutes les pires attitudes, choquer les pékins qui doivent aller croûter tous les matins, sans avoir la possibilité de se foutre en grève parce que le chef il a pas été sympa avec eux ou leur copain d’atelier ou de bureau.

Laissez les gamins tranquilles

Mais il faudrait peut-être commencer par le commencement. Arrêter de bourrer le mou à des gamins de 10,11,12 ans en leur faisant croire qu’ils gagneront des millions dans 10 ans. Que les pères arrêtent de se voir en futurs agents prenant son pourcentage sur les millions du fiston. Qu’on laisse les gamins jouer, apprendre, leur inculquer ce pour quoi le sport peut être parfois beau et extrêmement cruel.

Il faudrait peut-être se poser la question qui fait mal : pourquoi on arrive à de telles extrêmités dans ce sport ? Il y a bien d’autres sports business, le foot américain en est un parfait exemple. Les joueurs sont loin d’être des vierges effarouchées, les millions pleuvent, les égos sont surdimensionnés, les clubs cherchent la rentabilité. Mais regardez une final du Superball, ça a quand même une autre gueule que ce qu’on voit depuis quelques temps au "soccer". Et les raisons sont certainement à trouver du côté de la formation des jeunes.

Il y a au moins un point positif dans tout ça : le point de non-retour est atteint, la curée a commencé. Espérons qu’on ne mettra pas de cataplasme sur une jambe de bois. Parce qu’aujourd’hui, même si le foot m’indiffère, j’ai honte pour eux. Et j’ai peur pour les gosses en club, perdus au milieu de merdier sans nom. Voilà, fallait que ça sorte. Aussi, parce que j’ai un gamin de 12 ans qui joue au foot, et que ce que j’y vois me fait parfois très peur.

Edit : Raymond, si tu passes par là, tu pourras toujours prendre 2 minutes pour leur montrer ça à tes gars :

Bonne année !

18 jan

On peut souhaiter plein de choses pour les voeux de nouvelle année : prospérité (mais c’est la crise), santé (mais il y a des grippes), etc.

En tous cas, voici plein de sourires pour bien commencer l’année, en espérant que 2010 vous en apporte plein. Finalement c’est l’essentiel non ?

321auto, lourdauds ?

24 sept

Reçu cette newsletter au titre évocateur ce matin "Francfort – Belles paires – Revolte". Déjà, ça fleure le bon goût près de chez vous.

Clic. J’ouvre. Et je tombe sur ce monument de finesse :

321toplasse

Alors on le sait, les hôtesses, ça fait partie du folklore des salons, ça fait (hélas ?) de la page vue fastoche à la kilotonne, on peut en rigoler, tout ça…  Mais bon, là, c’est juste de la blague de gros lourdaud de comptoir qui devrait y rester, au niveau du comptoir.

En plus ça donne même pas envie de cliquer. C’est ballot.

Début et fin de Michael Jackson : le parfait symbole d’une génération ?

27 août

Maintenant que le soufflet MJ est retombé et que les journaux s’échinent sur le glauque de son entourage, ma réaction de rejet et de ras-le-bol face à tout le tintouin qui a suivi sa mort s’estompe. Et finalement, je trouve que Jackson est un symbole quasi parfait de tout ce que j’ai traversé depuis ma pré-adolescence.

Sans entrer dans de la psy de comptoir (mais bon quand même un peu), en y regardant bien et froidement, toute la vie du bonhomme n’a finalement été qu’un exemple grossi collant à la perfection à son moment. A ce niveau là, on peut vraiment considérer qu’il était un symbole.

J’ai toujours cultivé le paradoxe par rapport à Jackson.  A l’époque de ses grands hits, j’étais déjà sur une autre planète musicale, mais étais forcément etonné par les clips, et ses albums des années 80 sont quoiqu’il arrive dans la bande son de mon adolescence (bon, cela dit, y’a Jackie Quartz et Kajagoogoo aussi… merci les radios "libres" – de matraquer n’importe quoi).

Bande-son mise à part, pour tout le reste, il a parfaitement collé à chaque fois à son époque

  • Années 80 :  il donne ses lettres de noblesse au clip et faisant de ma génération la génération MTV, élevée au clip et au format 3 minutes impossible à éviter, la dernière à acheter des albums entiers et découvrant autre chose que des suites de singles formatés à la pérennité de kleenex déjà recyclés. Il est le King Of Pop tout puissant, richissime, aux délires sans limites et fait rêver dans les chaumières du monde entier. Un symbole fort des années fric et flambe.
  • Années 90 : les années scalpels. Faut rentrer dans le moule, se "déghetto-iser". C’est aussi le temps des crises et des conflits. MJ se transforme en espèce de mutant inquiétant, enfermé dans ses rêves nostalgiques d’une époque plus légère et plus simple.
  • Années 2000 : faut solder les comptes, le grand déballage commence, on est dans les années internet, qui sera un des meilleurs supports pour étaler toutes les thèses possibles sur les affaires qui entourent le personnage. Là encore, c’est symptomatique de ce qui suivra : un bruit énorme, des flux de textes, d’images, de vidéos dans tous les sens, et à la fin, un sentiment confus de désordre et de ne pas savoir gand chose, avec les médias "traditionnels" qui peinent à suivre et tentent désespérément de faire de la récup plus ou moins masquée. Tout dans l’instant, pas de recul. Faut y être et point.
  • 2009 : il avait lancé la génération MTV, il adoube la génération Twitter. Car ce que je retiendrais de la mort de Jackson, c’est qu’elle a permis  la consécration de l’instant et a cristallisé l’enterrement des tous les médias : la TV aux fraises, le print qui cavale désespérément derrière alors que leur salut est ailleurs, la radio au milieu du champs de mine et les sites médias qui se réveillent avec la gueule de bois en acceptant (?) de force l’idée de servir et de se servir des flux, dans un milieu totalement ouvert. Pas facile.

Et maintenant quelle icône pour la prochaine décennnie ? Moi je verrais bien Sasha Baron Cohen.

On y est : Facebook devient ringard…

23 juin

Et voila, on y arrive : Facebook commence à sentir le vieux. Bon c’était inévitable, depuis que les parents s’y étaient mis, il fallait que les influenceurs et autres geeks trouvent un nouveau refuge, qui attendait patiemment dans son coin que son heure arrive. Il est donc minuit moins le quart pour Twitter.

Minuit moins le quart pourquoi ? Simple :

Si on se réfère à Google Trends, en termes de trafic, Facebook est forcément loin devant :

FBvsTWT

En terme de requêtes également :

FBvsTWT2Mais si on regarde bien le second graphique "news reference volume", on voit que c’est Twitter qui fait parler de lui…

Bon, tout ça c’est bien rigolo et ces graphs, forcément, on leur fait dire un peu ce qui arrange, mais je pense vraiment que Facebook est en train de devenir le copainsdavant mondial. A force de vouloir tout faire, finalement les gens en ont marre. Marre des invit’ aux applis toutes plus connes les unes que les autres, marre des poke, marre des 123 groupes vachement marrants mais sur lesquels on ne va jamais, marre de se faire alpaguer par des gens qu’on ne voulait déjà pas voir il y a 20 ans (liste non exhaustive).

Indice vu récemment dans un statut : "ne pourrissez plus mon mur avec vos conneries, ma mère a débarqué sur Facebook" (citation approximative, hein).

Ce qui est plutôt bien, c’est que contraint ou forcé, Facebook et Twitter sont par la force des choses utilisées à bon escient en y réfléchissant bien. Le premier pour partager les états d’âme, les problèmes de déménagement, les photos avec les potes et/ou tonton, mamie et Cie, le deuxième, réservé à un pré carré pour partager des infos plus en relation avec le boulot, repérer les buzz (bons ou non, d’ailleurs – y’en a même qui affirment sans rigoler que Twitter, c’est la révolution de l’info. Si). Bref, l’info instantanée, à manier avec encore plus de précautions que le reste.

Chacun sa place (et pourtant, c’est pas faute d’avoir été twittersceptique).

Bon, le problème qui va forcément arriver : et quand mamie va débarquer sur Twitter, on fait quoi ?

Retirez vos mains de MON cambouis svp !

17 juin

Vu ce matin sur Padawan.info qui relate le problème de Tubbydev à propos de l’audience de Doctissimo. Comme quoi, écrire publiquement ce que l’on s’échange autour d’un café ou d’un déjeuner peut devenir très irritant.

Le problème : Tubbydev qui décortique l’audience du très respectable site Doctissimo.fr et explique qu’une bonne partie de son trafic est réalisé sur des forums moins médicaux que récréatifs (en clair, les forums de sexe en tous genres, pour ne pas dire autre chose). Avec explication, code à l’appui, que le trafic réalisés sur ces "parties" est ensuite comptabilisé sous des sections moins gênantes. Ce qui amène Doctissimo a perdre son humour et dégainer la lettre recommandée et l’avocate.

Car bien sûr le problème n’est pas de réaliser du trafic sur des sujets olé-olé, chacun fait ce qu’il veut avec ses sites, mais bien de noyer cette audience dans des masses bien plus respectables, ceci afin de mettre en avant un inventaire en rapport avec la promesse éditoriale, et donc logiquement, avancer aux annonceurs un public en rapport avec les campagnes qu’ils veulent afficher (santé, mode, beauté).

Enfin, autre point, on semble découvrir que des sites médias font finalement la majeure partie de leur trafic sur leurs forums et non dans les sections "contenus éditoriaux" en tentant ensuite de noyer cette manne dans un seul trafic. La belle affaire, Doctissimo est loin d’être le seul à jouer à ce petit jeu qui dure depuis bien longtemps et dans lequel certains sont passés maîtres.

Là encore, ce n’est pas un problème en soi, mais afficher de la pub dans l’un ou dans l’autre ne donne pas les mêmes performances, l’utilisateur n’étant pas du tout dans le même état d’esprit. Et on arrive à l’équation infernale : vendre un inventaire de qualité mais généralement sur des volumes très faibles (question subsidiaire à n millions d’euros : qui est prêt à payer cela aujourd’hui ?) ou vendre un inventaire de moindre qualité mais disposant d’un volume phénoménale ?

Bref, dans quelques temps tout cela sera oublié et chacun retournera vaquer à ses petites affaires. Je rejoins Padawan sur la conclusion :

"Pour ma part, je ne vois aucun mal à cela, ni au fait qu’il y ait des publicités sur ces pages. Mais pour Doctissimo par contre, ça semble poser problème. Cachez ce sein que je ne saurais mes annonceurs ne sauraient voir ?

Je ne vois pas où se situe la diffamation dans les propos de Tubbydev. Par contre je vois, gros comme un kik une maison, l’erreur monumentale de communication que Doctissimo vient de commettre."

Pour aller au "fond des choses" :

Tiens, je vais aller faire un tour dans mon Xiti et Nielsen moi :-)

Top des blogs Wikio : un bel exemple de confusion des genres

26 mai

En ce moment, je regarde de près les blogs écolos/autos (pour des raisons professionnelles). Forcément, pour savoir qui pèse dans le domaine, je vais faire un petit tour du côté des top blogs de Wikio. Côté "Environnement", j’en vois quelques-uns qui correspondent à ce que je cherche. Super, finalement, ce classement au fonctionnement un peu obscur peut être utile, notamment sur un secteur que l’on connait peu.

Et dans le lot, je tombe là-dessus :  www.roulonspropre-roulonsnature.com , 43ème du classement à ce jour. Bon, déjà un rapide coup d’oeil permet de voir qu’on y parle beaucoup d’Ethanol.  Du coup, je suis un peu méfiant et vais voir qui est derrière ce blog. Et finalement, tout s’explique : les billets sont produits par

  • un chef de gamme de chez Saab
  • un responsable pub et promotion des ventes Saab
  • un chef de région Saab
  • une consultante Saab
  • seule la webmaster semble être "non Saab"

Je n’ai pas de problème avec le blog en particulier, bien que l’on soit à la limite de l’exercice de communication et de promo à peine déguisé.  J’en ai un peu plus avec le fait que leur blog remonte au mileu d’autres forcément moins "affiliés" (pour ne pas dire autre chose).

Bref, à quand Renault, Peugeot et consorts dans le top blogs Wikio Environnement ?

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